Carnet de souvenirs – Les débuts

Avant la Première Guerre mondiale, une fédération nationale des associations de constructeurs s’est formée au Canada. Elle a tenu plusieurs conférences annuelles à Montréal et à Toronto, puis une autre à Vancouver. Les longs voyages en train que devaient prendre un grand nombre de délégués se sont évidemment avérés très dispendieux, car après le voyage de retour vers l’est, la fédération n’avait plus de fonds, ce qui a signalé sa fin.

Toutefois, lorsque la guerre tirait à sa fin, les besoins pressants en reconstruction d’après-guerre sont devenus évidents. Un groupe mené par J. Penrose Anglin de Montréal a décidé de fonder une nouvelle association nationale ayant pour but de communiquer des recommandations auprès du gouvernement du Canada. Cette association était nommée l’Association of Canadian Building and Construction Industries (ACBCI). Penrose est devenu le premier président de l’association, fonction qu’il a assumée jusqu’en 1921. Un autre membre ayant joué un grand rôle dans l’organisation de cette nouvelle association est le colonel E.G.M. Cape, un autre entrepreneur général de Montréal dont la firme a employé quatre des prochains présidents de l’ACC (John Stirling, Percy Wilmut, Tom Somerville et John Morton).

Je me suis joint au personnel de l’ACC en 1946. Les deux prochains présidents de l’ACBCI (ultérieurement rebaptisée l’Association canadienne de la construction) étaient Jock Carswell (1922) et Joe Pigott (1923 – 1924). Le premier ministre Pearson était réticent à accepter l’invitation de l’ACC à être un conférencier d’honneur à la première conférence de l’ACC, mais Carswell l’a téléphoné. Il lui a dit « Mike, tu dois accepter! » (Il a accepté.) Plus tard, Carswell a déménagé de Toronto à Vancouver et est devenu le président de Kitimat Constructors, un consortium de huit firmes collaborant sur la construction d’une usine d’aluminium à Kitimat. Carswell a également assumé la présidence du CCA Vancouver Convention Committee (comité des conventions de l’ACC à Vancouver).

Joe Pigott de Hamilton était considéré le « père de l’apprentissage » pour l’industrie canadienne de la construction et il a longtemps siégé au comité d’apprentissage de l’ACC. Pigott était également coprésident d’un comité d’apprentissage spécial OntarioQuébec fondé dans le but de cerner les éléments bénéfiques des deux systèmes bien distincts. Carswell a été décoré de l’Ordre de l’Empire britannique (maintenant connu sous le nom d’Ordre du Canada) en reconnaissance de son service à Washington en temps de guerre et Pigott a été décoré du CBE pour sa direction de la société d’État, Housing Enterprises Ltd. Pigott était également décoré de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (KCSG).

Un autre des premiers présidents, Hub Frid de Hamilton, est demeuré actif au sein de l’ACC pendant plusieurs années, ayant siégé au comité des relations du travail de l’ACC ainsi qu’au côté des employeurs de la Commission nationale conjointe de conférence pour l’industrie de la construction (NJCB). La NJCB a été fondée pendant la Deuxième Guerre mondiale sous les auspices du ministère fédéral du Travail dans le but d’établir des taux de rémunération et d’autres conditions de travail en temps de guerre pour les projets construits dans des endroits non assujettis à des conventions collectives.

Une partie de l’héritage d’Anglin envers l’ACC était de nommer Clark Reilly comme directeur général, rôle qu’il a tenu pendant longtemps. Reilly avait déjà travaillé pour Anglin comme chronométreur lorsqu’il était étudiant en théologie. Il a été ordonné prêtre et a voyagé à l’étranger avec une unité de bien-être. Après l’Armistice, Reilly est retourné au Canada et en attendant une pastorale méthodiste, Anglin l’a invité à travailler pour lui pour six mois dans le but de contribuer au développement de l’ACBCI. Cette affectation de six mois est devenue une carrière de 28 ans! Reilly m’a confié qu’un de ses anciens rêves était d’être missionnaire en Chine, mais à la suite de sa collaboration avec les entrepreneurs il est arrivé à la conclusion qu’il y avait également une mission pour lui au Canada et qu’il n’aurait pas à apprendre le chinois. À sa propre façon discrète, Reilly a sans doute exercé une influence importante sur l’établissement de pratiques entrepreneuriales améliorées pour l’industrie. Notre promenade sur les deux ou trois pâtés de maisons de la rue Sparks à Ottawa a duré une demi-heure ou plus, car Clark connaissait virtuellement chaque passant et nous nous sommes souvent arrêtés pour parler!

Reilly a fait connaître à l’avance son intention de se retirer et son successeur, Dick Johnson, avait été nommé directeur général adjoint un an ou plus avant l’annonce de Reilly à la conférence annuelle de 1947. Les entrepreneurs siégeant au comité de sélection étaient impressionnés de la finesse et de l’impartialité du fonctionnaire chargé des contrats de construction en temps de guerre au ministère des Munitions et des Approvisionnements et ont conclu qu’il « devrait être de leur côté » à l’avenir! Le fonctionnaire en question était Johnson, qui a reçu une formation juridique et a dirigé l’ACC avec une grande efficacité jusqu’à ce que C.D. Howe demande qu’il soit prêté au gouvernement canadien pendant la guerre de Corée pour gérer ses projets de construction pour les forces armées. Johnson a connu beaucoup de succès dans ce rôle et après cinq ans de « prêt », on l’a convaincu de demeurer avec l’armée. En tant que président de Construction de Défense ltée. (CDL), Johnson était responsable de projets au Canada ainsi que plusieurs autres projets à l’étranger. Les procédures de CDL étaient conformes aux guides de l’ACC (contrairement à certains autres organismes fédéraux) et lorsque Johnson s’est retiré, il était le sous-ministre ou président de société d’État ayant le plus d’années de service.