ALERTE à la défense des intérêts

Les données économiques indiquent une croissance et le budget 2025 laisse présager de nouveaux investissements dans le secteur de la construction

La construction est plus performante que l’économie en général, et les signes suggèrent que cette force pourrait persister. L’édition d’hiver de notre publication Perspectives économiques trimestrielles de la construction démontre que l’industrie a connu une croissance de 1,3 % au troisième trimestre (T3) 2025, tandis que le budget 2025 présente des investissements importants laissant présager une activité soutenue dans les mois à venir.

Constats principaux

  • L’économie canadienne s’est stabilisée : Le PIB a rebondi au T3 2025, affichant un taux de croissance annualisé de 2,6 % et dépassant les 2,5 T$. Alors que la Banque du Canada se met en retrait, les taux d’intérêt devraient rester à 2,25 % pendant une bonne partie de l’année 2026.
  • Le nombre de permis de construction a encore diminué au T3 : Après un ralentissement au T2, les permis de construction ont encore diminué (5,1 %) pour atteindre 32,5 G$ au T3, ce qui représente une baisse de 9,9 % en glissement annuel. L’Ontario a enregistré la plus forte baisse, la valeur des permis ayant diminué de 15 % en glissement trimestriel. Les premières activités de délivrance de permis au T4 laissent toutefois entrevoir un rebond qui pourrait compenser le ralentissement observé au T2 et au T3 et faire passer le total annuel en territoire positif.
  • Les pressions sur les coûts demeurent élevées : Les coûts des intrants de la construction continuent d’augmenter, notamment dans les secteurs à forte demande en acier. L’indice des prix de la construction de bâtiments (IPCB) a augmenté de 4,2 % en glissement annuel. Les entrepreneurs doivent s’attendre à une volatilité continue des prix, en particulier dans la construction d’usines et dans les régions où l’inflation est la plus forte, comme à London et dans la ville de Québec.
  • Le budget fédéral stimule la demande dans le secteur de la construction : Le budget 2025 renforce la demande de construction à long terme, engageant 280 G$ sur cinq ans en investissement en capital. Les nouvelles mesures introduisent 150 G$ de dépenses nettes avant économies opérationnelles, dont environ un cinquième lié à l’activité de construction. Cet ensemble de mesures s’articule autour de trois grandes priorités fédérales : attirer les investissements privés, prioriser les exigences « Achetez canadien » en matière de marchés publics et soutenir les travailleurs syndiqués.

Quel est l’avenir du secteur?

Le secteur de la construction entame l’année 2026 avec dynamisme, soutenu par des valeurs de permis plus élevées que prévu à la fin de l’année 2025. La baisse des taux d’intérêt a aidé à soutenir l’activité, mais l’élan donné par l’augmentation des liquidités s’estompera dans les mois à venir puisque les taux sont désormais maintenus. Bien que l’activité de revente se soit améliorée, la faiblesse des préventes d’appartements continue de ralentir les nouveaux projets multirésidentiels.

Les coûts de construction de bâtiment demeurent élevés et représentent un risque majeur et persistant. Les politiques « Achetez canadien » et les droits de douane créent une incertitude quant aux sources d’approvisionnement en matériaux et à leur coût. Alors que ces exigences s’étendent et que les négociations commerciales entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) approchent en juillet, les entrepreneurs doivent s’attendre à une pression continue sur les prix, les chaînes d’approvisionnement et les exigences en matière de conformité.

Bien que le budget fédéral ait été déposé, d’importants détails peuvent encore être modifiés par la Loi d’exécution du budget. À l’aube de 2026, la politique budgétaire est devenue fortement expansionniste et axée sur la construction. Les réductions opérationnelles et les restrictions en matière de passation de marchés pourraient toutefois ralentir les approbations, en particulier pour les projets qui ne sont pas considérés comme prioritaires par le Bureau des grands projets (BGP). Tout changement susceptible d’affecter le calendrier et l’admissibilité des projets fera l’objet d’un suivi attentif.

La demande de main-d’œuvre devrait augmenter alors que l’élan national en faveur de la construction se concrétise en une série de nouveaux projets de construction. Entre temps, la politique d’immigration cherche désormais à réduire les flux d’entrée et à diminuer la proportion de résidents temporaires au cours des prochaines années. La disponibilité de la main-d’œuvre est donc à nouveau au centre des préoccupations, et l’année 2026 permettra de déterminer si des programmes comme le Programme de formation syndicale et d’innovation (PFSI) et le Programme de reconnaissance des titres de compétences étrangers peuvent véritablement remédier aux pénuries de main-d’œuvre.

Pour plus d’information sur ce rapport ou sur le travail actuellement mené par l’ACC pour traiter des enjeux abordés, veuillez envoyer un courriel à Yunhan Liu, analyste, Économie et politique.