ALERTE à la défense des intérêts

Le secteur canadien de la construction fait face à une hausse des coûts dans un contexte d’incertitude mondiale

Le secteur canadien de la construction fait preuve de résilience dans un environnement économique plus fragile, mais la hausse des coûts et l’incertitude géopolitique continuent d’influencer les perspectives.

L’édition printanière de nos Perspectives économiques trimestrielles de la construction indique que le secteur demeure sur la bonne voie, bien que certains risques se profilent. La valeur des permis de construire a rebondi, tout en demeurant inférieure à celle de l’an dernier, tandis que les pressions sur les coûts persistent dans les segments à forte intensité d’acier

Faits saillants

  • L’économie a ralenti au T4, mais la demande intérieure est demeurée robuste : Le PIB réel du Canada a reculé à un taux annualisé de 0,6 % au quatrième trimestre de 2025, principalement en raison d’un déstockage. La production manufacturière a fléchi, les producteurs ayant réduit leurs stocks tout en continuant de répondre à une demande soutenue des consommateurs. La demande intérieure finale a progressé de 0,6 %, portée par une hausse de 0,5 % de la consommation et de 0,8 % de la formation brute de capital fixe.
  • Recul de l’activité dans la construction au T4 : Le PIB de la construction a diminué de 0,6 % d’un trimestre à l’autre, tout en affichant une hausse de 1,8 % sur un an. Ce recul trimestriel s’explique principalement par un ralentissement des activités d’ingénierie et d’autres segments de la construction, après une forte croissance au T3.
  • Pressions sur les coûts concentrées dans les segments à forte intensité d’acier : L’Indice des prix de la construction de bâtiments (IPCB) a augmenté de 4,1 % sur un an au T4, sous l’effet des ouvrages métalliques, des charpentes en acier, du béton et de la plomberie. Les types de bâtiments présentant une forte proportion d’acier, comme les usines, enregistrent les hausses de coûts les plus marquées, tandis que l’inflation des coûts des immeubles d’habitation de grande hauteur a ralenti à 2,2 %.

Quelles sont les perspectives pour le secteur?

Le secteur est confronté à un ensemble complexe de risques, tant mondiaux que nationaux. Les prix élevés du pétrole entraînent déjà une hausse des coûts de construction, notamment en raison de l’augmentation des frais de transport et d’exploitation des équipements sur les chantiers et hors site. Si les perturbations persistent, elles feront grimper le prix des matériaux pétrochimiques comme l’asphalte, la tuyauterie, les isolants et les membranes. Les produits à forte intensité énergétique, comme l’aluminium, le ciment et le verre plat, subissent également des pressions à la hausse. Malgré ces chocs du côté de l’offre, la Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur tout au long de 2026.

La politique commerciale ajoute une autre couche d’incertitude. L’examen de l’ACEUM sert à étudier des mesures visant à « réduire la dépendance aux importations en provenance de l’extérieur de la région », à « renforcer les règles d’origine » et à « améliorer la sécurité des chaînes d’approvisionnement nord-américaines », selon le représentant américain au commerce (USTR). Les risques commerciaux et tarifaires demeurent bien présents et loin d’être résolus pour les constructeurs.

Parallèlement, le ralentissement de la croissance démographique transforme les perspectives du marché du travail. De nombreuses prévisions indiquent que la population active canadienne connaîtra une croissance quasi nulle au cours des prochaines années. Sans nécessairement annoncer un fort ralentissement du marché du travail, cette tendance laisse entrevoir des données sur l’emploi plus modestes, à mesure que les départs à la retraite dépasseront les nouvelles entrées sur le marché.

Pour plus d’information sur ce rapport ou sur les travaux actuellement menés par l’ACC pour résoudre les problèmes abordés, veuillez envoyer un message à Yunhan Liu, analyste, économie et politiques.