ALERTE à la défense des intérêts
L’industrie canadienne de la construction perd de son élan alors que les risques liés au commerce et aux coûts persistent
Le secteur canadien de la construction a entamé l’année 2026 dans un contexte moins favorable, alors que l’économie dans son ensemble s’est essoufflée et que les investissements restaient faibles.
Le numéro d’été de nos Perspectives économiques trimestrielles de la construction montre que l’activité dans le secteur de la construction a reculé au premier trimestre, tandis que les intentions de construction ont légèrement progressé. Les incertitudes commerciales et les pressions persistantes sur les coûts assombrissent les perspectives.
Faits saillants
- L’économie a ralenti au premier trimestre, et les perspectives sont moins favorables pour la suite : Le PIB réel du Canada a reculé de 0,1 % en rythme annualisé au premier trimestre 2026, la hausse des importations et le ralentissement des investissements ayant compensé la croissance enregistrée dans d’autres secteurs. Les dépenses d’investissement des entreprises ont reculé pour le cinquième trimestre consécutif, tandis que les dépenses consacrées aux systèmes d’armement ont ralenti après la forte hausse enregistrée fin 2025. Dans l’ensemble, la croissance devrait rester modérée tout au long de 2026.
- L’activité dans le secteur de la construction a continué de ralentir : Le PIB du secteur de la construction a reculé de 1,3 % en glissement trimestriel (GT), sous l’effet d’une baisse de 4,2 % enregistrée dans les activités d’ingénierie et autres activités de construction. Les investissements dans la construction de bâtiments ont reculé de 1,5 %, la faiblesse du secteur résidentiel ayant contrebalancé les progrès enregistrés dans la construction commerciale et institutionnelle. Les permis de construire sont restés globalement stables, la hausse des projets de construction de logements individuels et de bâtiments industriels ayant été contrebalancée par la baisse des permis pour les bâtiments commerciaux et institutionnels.
- L’inflation continue de grimper dans les secteurs où l’industrie sidérurgique occupe une place prépondérante : Au premier trimestre, la hausse globale des prix dans le secteur de la construction s’est modérée dans la plupart des secteurs d’activité, des régions et des types de bâtiments. Toutefois, les coûts liés aux charpentes métalliques et à la fabrication métallique restaient encore supérieurs d’environ 10 % à ceux de l’année précédente. C’est dans les immeubles d’habitation que l’inflation était la plus faible, et dans les usines qu’elle était la plus élevée.
Quelles sont les perspectives pour le secteur?
L’incertitude commerciale reste un risque majeur pour le secteur de la construction. À mesure que les négociations de l’Accord CUSMA et que les mesures correctives commerciales évoluent, les droits de douane sectoriels, les politiques d’approvisionnement local et les exigences en matière de documentation d’origine s’inscrivent de plus en plus durablement dans le contexte opérationnel. Ces contraintes peuvent limiter le choix des fournisseurs, retarder les achats et augmenter les coûts des projets.
Les pressions sur les coûts liées à l’énergie constituent un autre point à surveiller. Les hausses des prix du pétrole et des produits pétrochimiques ne s’étaient pas encore répercutées sur les produits de construction en aval au premier trimestre, mais cela pourrait changer si les perturbations persistent. La question centrale est de savoir si les hostilités vont s’apaiser et si le trafic dans le détroit d’Ormuz va revenir à la normale avant que la hausse des coûts ne se répercute sur les prix de la construction et ne contribue à une inflation plus générale.
Parallèlement, les dépenses de défense apparaissent aujourd’hui comme l’un des secteurs offrant les perspectives de croissance les plus évidentes au Canada. Si une grande partie de cette augmentation sera consacrée à l’équipement et aux armes, elle devrait également générer une demande importante en matière de travaux de construction, tant au sein des bases qu’à l’extérieur de celles-ci, notamment pour des infrastructures à double usage. Les parcours d’apprentissage liés aux Forces armées canadiennes (FAC) dans le cadre de l’initiative « Une Équipe Canada forte » pourraient également contribuer à renforcer le vivier de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers spécialisés.
Pour en savoir plus sur ce rapport ou sur les travaux actuellement menés par l’ACC pour résoudre les problèmes abordés, veuillez envoyer un message à Yunhan Liu, analyste, économie et politiques.